#CITYTEST ANGELINA | MAMIES GÂTEAUX

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7 Février, je suis déjà à découvert de 800 euros, à savoir mon maximum autorisé, j’appelle donc mes parents, histoire qu’ils m’avancent de quoi finir le mois tranquilou, seul problème, ils sont eux aussi un peu en galère. Du coup, il va bien falloir que je me débrouille autrement, et c’est en regardant Des chiffres et des lettres et le mouroir faisant office de public qu’une idée lumineuse m’est venue, il me faut un héritage, et un bon ! Et où peut on trouver facilement des dames à la fois âgées et généreuses ? Chez Angélina, bien évidemment !

J’enfile mon plus beau costume en tweed, une chemise blanche de bonne confection, un coup de peigne et hop, direction le fameux salon de thé de la rue de Rivoli pour tester mes talents de dragueur et, tout de même, faire plaisir à mon palais en dégustant un bon chocolat.

On connait Angélina pour son ambiance désuète et sa clientèle de Japonais désireux de déguster un excellent chocolat chaud dans un décor suranné. A mon arrivée, la salle m’impressionne, avec ses moulures dorées, ses lustres, ses nappes en lin blanc et son service en porcelaine, je trouve ma place, accompagné par une serveuse directement échappée d’un épisode du miel et des abeilles, à une jolie table du centre de la salle, afin que toutes ces jolies dames me remarquent facilement.

J’opte pour le traditionnel chocolat signature de chez Angelina. L’Africain, un chocolat épais, noir, onctueux, gourmand et corsé, servi bouillant, que j’accompagne d’un Paris New-York, une sorte de divine religieuse à la noix de pécan. Le service, rapide et courtois, ne me laissera pourtant pas un souvenir impérissable, contrairement à l’Africain, bien loin du Nesquick de mon enfance…

Mais passons au coeur du sujet, à savoir les filles, bah, vous savez quoi, il n’y a que ça ! Ça change de ces bars dits branchés où l’on ne trouve que des mecs mal rasés en chemise à carreaux qui se battent pour choper la seule meuf aux alentours. Oui, je parle bien de Chez Jeannette. Chez Angélina, j’étais un peu comme au Bonheur des Dames la semaine précédente, un véritable loup dans la bergerie, il y avait des culs, mais alors, PARTOUT ! En gros, je n’ai eu qu’a choisir la “sexy lady” qui aura le privilège de financer le reste de mon mois (ou de ma vie, qui sait) parmi la centaine de convives installées cet après-midi.

Je jette mon dévolu sur Marguerite, une fringante rouquine de 88 printemps venue seule savourer un thé et un éclair au chocolat. En plus d’être sexy, Marguerite est drôle et sympa. C’est d’ailleurs en lui parlant de ma passion pour les monte-escaliers Stannah que je retiens son attention. Rapidement, nous nous trouvons un tas de point communs, comme une grande affection pour Laurent Romejko et Julien Lepers, un amour démesuré pour Derrick et les danses de salons, elle me parle de ses projets de tour du monde et de ses envies d’avoir des arrières petits-enfants, je lui parle de Pascal Sevran et des tickets de rationnement de la seconde guerre mondiale, puis nous nous lançons dans un grand débat sur ces sauvageons de Mai 68 et sur l’histoire des diamants de Bokassa, elle me parle enfin de sa découverte récente d’un certain Claude François, un chanteur avec un gros potentiel.

Je la regarde, bien moulée dans son tailleur Chanel, et je trouve qu’elle a vraiment de jolies bagues en or et diamants, je remarque aussi sa carte Amex platinium et je me dis que ouais, définitivement, c’est la femme de ma vie malgré ses 88 ans. L’amour n’a pas d’âge, mais mon compte en banque, lui, a un plafond, c’est donc bras dessus bras dessous que son chauffeur nous raccompagne direction son pavillon de Marnes la Coquette… La suite, elle, est classée X.

A peine 3 jours plus tard, Marguerite m’envoie par Snapshat un message simple : “C’est fini, je ne t’aime plus, j’ai rencontré René, il a 78 ans, et lui seul sait vraiment s’occuper d’une femme. Tu peux garder la montre, bonne continuation Joan”

Adieu Margueritte 🙁

Citytest réalisé par Joan

Angelina
226 rue de Rivoli
75001 Paris
0142608200


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