#CITYTEST LE BIZEN | SPEED DATING

bizenvignette

Il parait qu’il n’est pas facile d’être célibataire à Paris. Bon, à vrai dire, c’est facile nulle part, mais pourquoi particulièrement à Paris ? C’est pas comme s’il existait des tas de bars, de clubs ou autres lieux de rencontres. Malgré tout, il y a des gens, un peu désespérés, qui, à l’heure d’internet, tinder, adopte un mec ou facebook tentent l’aventure du speed-dating. Ouais, le speed-dating, le truc trop à la mode en 2001. Mais qui sont ces gens ?

C’est en infiltration totale (et en imperméable beige, ambiance Mike Hammer) que je me dirige vers le Bizen ce vendredi soir, afin d’assister au “Lemon Friday”. Le concept ? On s’installe à coté d’une meuf, et on a 6 minutes pour la séduire, passé ce délai, on change de meuf, à la condition sine qua none de s’être acquitté d’un droit d’entrée de 15€. Ouais bon, c’est pas trop cher. Je pose mon trench au vestiaire, accueilli par une hôtesse au look directement inspiré par un épisode des “ch’tis à Ibiza” et je m’enfonce dans la salle à la déco “chic et cosy”. Il y a là quelques garçons qui patientent, dont un grand tout maigre qui porte un costume trop large et des chaussures à bouts carré. Il a de petites lunettes, et je l’imagine bien se mater des petits épisodes de Jacquie et Michel avant d’aller dormir. Je prends ma conso, et je m’installe sur un des canapés, les autres garçons m’emboîtent le pas, et, très vite, les filles arrivent… Haaaa, les filles.

fille #1

Isabelle a 33 ans, cette jolie blonde un peu dodue exerce la profession de comptable dans une boite du 14ème. Célibataire depuis 1an et des poussières, elle me confie rapidement qu’elle a eu beaucoup d’aventures depuis sa rupture. Je m’étonne de cette confession, ne comprenant pas à quel moment le fait d’avoir pécho un tas de mecs peut devenir un argument de drague. Malgré tout, la discussion est plutôt fluide, même si en fait, nous n’avons rien à nous dire. Isabelle regarde beaucoup la télé, elle adore Cyril Hanouna, qu’elle trouve trop marrant, et ne loupe aucun épisode de Docteur House. C’est une fêtarde, et elle a tenté l’expérience du Speed-Dating dans l’espoir de trouver un mec bien. Genre elle, c’est une meuf bien.

fille #2

Sarah, 29 ans, est une énergique brunette trop fardée. Maman au foyer elle s’occupe de son fils, Théo, 11ans, qu’elle a eu avec son premier amour. Il est trop mignon si j’en crois les photos qu’elle me montre 10 secondes à peine après que je me sois installé auprès d’elle. Avec son décolleté troublant et sa jupe Desigual (oui, Desigual) elle met toutes les chances de son coté pour faire des rencontres. Elle me confie d’ailleurs qu’elle sort toujours beaucoup en boîte de nuit, mais jamais sur Paris, parce que les gens se la pètent trop. Elle se définit comme étant une « attachiante » et tente d’appliquer au mieux sa devise « carpe diem » au quotidien. Elle est très bavarde, et en moins de deux, je suis au courant de tout son parcours amoureux, de sa passion pour les chevaux et de son adoration pour les talons hauts qu’elle achète sur Zalando. Elle est plutôt bien gaulée pour une mère au foyer, mais franchement, est ce que je me vois passer mes samedis en allant faire du shopping avec elle et son fiston à Créteil Soleil ?

fille #3

Laurence a 27 ans. Elle est pas jojo, et elle travaille à la Défense dans une grosse boîte de pétrochimie, un job que je ne comprends pas trop, et vu son physique, je cherche pas trop à m’y intéresser. C’est sa meilleure amie qui l’a inscrite ce soir. Elle m’avoue ne pas être trop à l’aise ici, mais elle tente de jouer le jeu, si j’en crois sa robe en satin bleue et son immonde décolleté. Elle me répète 3 ou 4 fois qu’elle a beaucoup de copines, et qu’elle n’est pas désespérée. Elle rêve d’un amour véritable, un mec avec qui elle ira bruncher, un mec qui l’emmènera à un concert de Benabar, avec qui elle s’organisera des “petits weekends”. Elle rêve d’un mec qui saura la dompter et qui lui proposera d’être son meilleure ami, son amant, son amour, tout ça quoi. Elle se déplace beaucoup en Vélib dans Paris, en la regardant, boudinée dans sa robe, j’ai envie de lui dire d’en faire plus souvent, mais le gong retentit, et je dois passer à la fille suivante.

fille #4

Stéphanie a 28 ans, cette minuscule rousse a l’air d’avoir une très jolie poitrine, et je ne peux m’empêcher de la regarder dans les seins quand elle me parle. Avec sa voix nasillarde, elle me raconte son enfance Niçoise. Je lui parle des seules choses que je connais de Nice, comme le pan bagnat et la socca, mais ça n’a pas l’air de très bien marcher. Elle me parle de son boulot, au service communication d’une grande entreprise pharmaceutique, et je me dis que ouais, j’aimerais bien voir ses nichons, du coup, je fais mine de m’intéresser à son job et à sa vie. Elle vit dans le 14ème, un super appart vers le parc Montsouris qu’elle a elle même décoré, je lui demande s’il est grand, et si elle est abonnée à canalsat, et elle enchaîne en me parlant de ses dernières vacances en Guadeloupe, où elle a craqué pour un G.O. Pourquoi ?

fille #5

Judith, 35 ans, bosse dans une galerie d’art du Marais. Grande brune très mince, elle porte une chemise en lin blanc laissant apparaître un soutien gorge en dentelle, coquine. Elle vit à Montreuil, et c’est marrant, j’y ai vécu moi aussi. Je lui demande son adresse précise, et, comme par hasard, elle vit pile en face de l’appart de mon ex. Judith est sympa, mais elle s’écoute parler, elle a les dents qui se chevauchent un peu, et j’ai beau chercher, je n’arrive pas à deviner de quelle origine elle peut être. Judith aime bien le vin rouge, si j’en crois les 2 verres vides devant elle, et elle écoute beaucoup de Techno. Ouais, de la techno, en 2014. Dans le fond, Judith a l’air sympa, et, je ne sais pas pourquoi, mais je tente de deviner la façon dont elle s’épile, là, en bas.

Le grand tout maigre, lui, a l’air a fond, et je le vois, hyper appliqué, en train de remplir sa fiche, quand je compare avec la mienne, je me dis que lui au moins, met toutes les chances pour pécho. C’est pas comme moi. Voici en effet mon petit speech de présentation :

“Je m’appelle Joan, je viens d’avoir 30 ans, je vis dans un minuscule studio du 17ème en face de chez mes parents. J’aime bien mes parents d’ailleurs, je les vois souvent. J’ai fait du sport quand j’étais jeune, mais maintenant, je préfère manger de la pizza. Je ne bois pas d’alcool, sauf quand je me mets des caissons avec mes potes, et je suis dessinateur de bd. Si je suis connu ? Non, enfin, je suis bien référencé sur google, mais bon, ça veut rien dire maintenant. J’ai une belle collection de jouets, j’ai notamment une super figurine du Predator, et une réplique exacte de l’Hoverboard de “Retour vers le futur”. Et non, il ne vole pas vraiment. J’ai une chatte qui s’appelle Paupiette, elle est toute maigre et elle pisse partout, mais je la kiffe trop. Sinon bon, en ce moment, c’est un peu la galère au niveau thunes, mais j’ai 2 ou 3 jobs en attente, ça va aller. Tu finis ton verre ?”

Le lendemain, je vais faire un tour sur le site afin de savoir si une des filles a “craqué” pour moi. Aucune réponse. Et bien, je n’ai plus qu’à retourner sur Tinder.

Citytest réalisé par Joan

Lemon Friday,
chaque vendredi au Bizen,
111, rue Réaumur
75002 Paris


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