#CITYTEST LE COX | GALANTERIE & ADDITION

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Ça coûte cher d’être maqué quand on est un mec. Entre les petits cadeaux, les restos, voire les fleurs, y a pas à dire, ça coûte cher d’être maqué. Mais ça coûte cher aussi d’être célibataire. Entre les capotes, les verres et les prises de sang, on peut vite se retrouver à sec et dans l’impossibilité de s’offrir le dernier FIFA. Alors même si c’est sympa de jouer à la console, on va pas faire ça toute notre vie, du coup, on passe presque tous par la fameuse case du “premier rendez vous”. Ce fameux rendez vous où l’on est censé se montrer sous son meilleur jour, et du coup, régler l’addition que la demoiselle fera mine d’ignorer en checkant son compte Instagram.

Chez les hétéros, pas de problème, l’addition est directement apportée à l’homme. Mais quid des homos ? En effet, entre 2 hommes, point de galanterie, donc, qui doit payer l’addition lors d’un premier rendez vous gay ?

Afin de répondre à cette problématique essentielle dans mon envie de mieux connaitre les parisiens, c’est par un jeudi soir au temps clément que je me suis dirigé vers le Cox, et sa terrasse blindax.

Le Cox est un fameux bar gay du marais, le point de rendez vous des homos barbus à bretelles, qui parlent fort en buvant de la bière. En somme, c’est un peu comme un bar hétéro, les envie sodomite en moins. Quoique. Rue des archives il fait bon se balader, et c’est d’un pas pourtant étrangement hésitant que je me faufile parmi nos amis les oursons. Parce que ouais, moi, je suis hétéro, du coup, j’ai forcément des a priori sur ce genre de lieux. Par exemple, je m’étonne de ne pas entendre de house music ce soir là, mais une bonne vieille playlist de merde comme on en passe au Fantome par exemple. Les homos seraient ils des gens comme les autres ?

Arrivé tant bien que mal au bar, je commande une bière, enfin, un panaché BIEN BLANC histoire de garder les idées claires, et je tombe sur Jacques, un petit chauve au regard bleu acier. Passionné de ferronnerie, il a le contact facile et semble connaitre tout le monde . Je ne lui cache pas les raisons de ma venue au COX, et, même s’il semble tenté par l’idée de me convertir à sa paroisse je lui confie ma phobie du poil et dégaine mes questions…

Moi tu sais, je ne réfléchis pas, parfois je paie, il arrive aussi que l’on m’invite, ce n’est pas un acte que j’intellectualise. Je suis tombé sur des mecs qui m’invitaient et qui s’avéraient être tout sauf élégants et courtois”.

En allant vers l’entrée, je reconnais mon prof d’histoire de Terminale, l’évite soigneusement (enfin, vu ma calvitie bien avancée depuis mes années lycée, y a peu de chances qu’il me reconnaisse) et je vais à la rencontre de mon “contact” ici, Pierre, venu ce soir là avec Hakim, son futur mari. J’ai connu Pierre via une ex petite amie, il était son fameux “meilleur ami gay”. De petit homo de province un peu folle sur les bords, il est aujourd’hui devenu un gros barbu marrant adepte de chemises à carreaux. Il vit une tendre histoire avec Hakim, un étudiant turc peu bavard qui semble fasciné par le spectacle qu’offre le Cox. “C’est moi qui ait invité Hakim la première fois. Nous avions dîné dans un restaurant du 10eme, un petit truc romantique, et je sais pas, j’ai trouvé ça sympa de l’inviter” Etant suffisamment intime avec Pierre, (que j’appelle Pierrot, c’est dire) je sais qu’il est plutot du genre à se faire prendre que l’inverse. Du coup, je fais l’étonné, n’y aurait il aucun lien entre le rôle durant la sodomie et la répartition de l’addition ?

Ça c’est parce que t’as des réflexes hétéro mec”. me répond il.

Je soulève la question de la galanterie entre homos, du genre “qui tient la porte à qui en entrant dans un bar, qui passe devant dans l’escalier” et tout ce genre de trucs, lorsqu’un grand brun nous interrompt.

Je n’ai pas pu m’empêcher de vous écouter parler avec vos amis. Moi tu vois, je suis dominateur. Du coup, je fais payer mes soumis juste pour leur montrer qui est le patron. Tu fais quoi après ? T’aimes les bougies ? »

Après cette aventure dans ces terres hostiles aux femmes frigides et barjos, je fais un peu le bilan des courses avant de rentrer jouer à FIFA 15. Et en gros, on va la faire simple, chez les homos, il n’y a pas de règles. Les veinards.

Citytest réalisé par Joan

Le Cox
15, Rue des Archives
75004 PARIS