#CITYTEST MUSÉE DUPUYTREN | BON APPÉTIT BIEN SÛR !

vignette

Ca y est, Elisabeth m’a quitté. Moi qui fondais beaucoup d’espoir dans cette nouvelle relation, c’est la mort dans l’âme que j’ai du me résoudre à quitter son appartement de 74 mètres² orienté plein sud en plein 17 ème arrondissement. Ah qu’est ce qu’elle va me manquer Elisabeth. Sa télé géante, son abonnement à canal sat, sa douche à l’italienne et son frigo aussi.

Dans ces moments là, quand on se sent seul, il n’y a qu’une chose à faire : voir ses potes. Malheureusement, je n’en ai plus que très peu, et ce depuis une sombre histoire d’anniversaire fêté chez Flunch.

Après avoir longtemps erré dans mon appartement et m’être nourri exclusivement de riz mélangé à des lentilles (oui, je sais), je me suis dit qu’il fallait vite rebondir. En effet, passer mes journées à me faire insulter par des fils de concierge du Val de Marne sur le mode online de FIFA 14 a ses limites en matière de divertissement. Ce n’est pas non plus la pratique assidue de la masturbation qui va changer ça, et ce, pour une bonne raison, j’ai 31 ans, plus 15.

Du coup, histoire de retrouver mon lustre d’antan, une seule solution, traîner à Odéon, le quartier des étudiantes qui ne se lavent pas souvent les cheveux. Ah… Le carrefour de l’Odéon, son vendeur de bonbecs, ses jeunes communistes fans de Diabolo, Pierre Moscovici qui s’engouffre au MK2 tout proche…Pour l’occasion, je porte ma veste en velours mise de coté depuis 2002 et je repense à ce que m’avait dit mon vieux camarade Tristan Ranx entre 2 voyages dans les Carpates : “Si tu es à Odéon, file au musée Dupuytren, tu y passeras un bon moment!”.

Et bien soit. C’est seul que je pénètre dans l’école de médecine à la recherche de ce que certains (moi compris) qualifient à tort de musée des monstres…C’est en effet la première chose que me dira l’assistant du conservateur des lieux, un sexagénaire pas trop sexoche qui semble porté sur le sudoku et sur les relations platoniques, si j’en crois la tension qui émane de ses échanges avec sa secrétaire.

Vous savez, nous ne sommes pas un musée des horreurs, nous sommes un lieu de références avant tout

Je ne savais pas trop à quoi m’attendre en allant au musée Dupuytren, et rien ne peut préparer à ce que j’ai vu ce jour là, pas même une vision prolongée de “the human centipede”. Car en effet, le musée Dupuytren est spécialisé dans un domaine bien précis : l’anatomie pathologique. Vous y trouverez, conservés dans des bocaux, des mains, des pieds, des doigts, des organes et même pire, des fœtus ou des nbso online casino cranes. On y trouve aussi des squelettes touchés par des malformations ou des moulages de personnes ayant souffert d’un bec-de-lièvre ou de quelconque tumeurs. Une curiosité malsaine se fait sentir, notamment lors de la  vision de siamois ou du fameux cyclope. Je m’étonne tout de même de ne croiser aucun moulage de mon pote Alexandre, parce qu’il est vraiment vilain. Vient le moment sexy de la visite du musée, une section où trônent des moulages de sexe atrophiés, de quoi calmer un bon moment les ardeurs des fans de Jacquie & Michel.

Certains visiteurs ne restent qu’un instant, pendant que d’autres s’appliquent à bien détailler chaque pièce du musée. Qu’on y reste un instant ou plusieurs heures, on n »en sort pas indemne. Mais pas moi, je suis en effet étonnamment serein, même si les quelques moulages de malformations génitales ont fait naître en moi un certain dégoût pour les choses du sexe.

Dégoût pour le sexe qui ne durera pas longtemps. En effet, dans le jardin attenant au musée, une jeune fille s’applique à capturer sur son carnet à spirale (hop, référence à William Sheller) la fière posture d’une statue. Je ne cherche pas trop à comprendre qui est l’homme qu’elle s’évertue à reproduire, et je pars à l’abordage avec une seule idée en tête : jouer un remake de “L’étudiante” avec Sophie Marceau, les poils en moins.

Citytest réalisé par Joan

Musée Dupuytren
Centre des cordeliers
15 rue de l’école de Medecine
75006 Paris