#CITYTEST PARIS-MANGA | COSPLAYERS DE FOLIE

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Samedi 8 Février, 12H30, Ligne 12 du métro Parisien, station Vaugirard, je vois Naruto et son pote Sasuke, installés sur un des strapontins en train de déguster un Big Mac. Ouais les mecs, Naruto et Sasuke, pépouzes dans le métro. C’est que ce week end a lieu le salon Paris-Manga et Sci-fi show, LE point de rendez vous de tous les otakus (et fans de SF) organisé 2 fois par an Porte de Versailles. Grand fan de manga et de culture nippone devant l’éternel, c’est limite la bave aux lèvres que je rejoins devant l’entrée mon camarade Geoffroy, qui sera chargé des photos aujourd’hui.

Le salon est noir de monde,  c »est à 2 à l »heure que nous déambulons dans les allées et que nous croisons tout un tas de gens aux look farfelus, çà et là, des stands de Mah-jong, de la fédération française de cosplay ou de fruits séchés (?) se succèdent, pendant que l’espace réservé à Dragon Ball Multiverse, une suite non officielle, est pris d’assaut par des fans de Végéta et consorts. Le stand d’un éditeur de romans heroïc-fantasy propose même des “free blowjobs” aux personnes s’offrant 3 de leurs livres, mais en voyant que c »est un gros barbu qui devra s’acquitter de la besogne, je passe mon tour.

Au centre du Hall trône un espace réservé aux dédicaces, espace qui, au moment de mon arrivée, est étrangement vide. Seuls quelques fans patientent pour décrocher un autographe de David Prowse, l’homme sous le masque de Darth Vader dans la première trilogie Star Wars. En m’approchant, je remarque que la signature est payante, en effet, pas moins de 30 € sont demandés pour se faire dédicacer sa photo. David Prowse fait peine à voir. La force ne faisant plus son effet, le légendaire cascadeur est aujourd’hui en fauteuil roulant, et le voir déambuler quelques minutes plus tard dans les allées poussé par un assistant fut le moment poignant de mon après-midi au salon. Dur de voir les légendes de son enfance s’effondrer.

David Prowse rejoint sur la grande scène du festival d’autres idoles venues faire plaisir à leurs fans comme Christopher Judge (Teal’k dans la série StarGate) ou Mark Addy (Games of thrones). C’est assez fou de voir comment ces acteurs ont su capitaliser sur une présence parfois minime dans un film ou une série culte. De là à imaginer qu’ils sont maintenant plus présents sur les conventions que sur les plateaux de tournage… Le débat est participatif et un micro passe de main en main, les aficionadoss’appliquant à poser des questions très pointues du type “C’est cool de tourner dans Stargate ?” ou “Êtes vous un vrai fan de Star Wars ?” ou encore “Avez vous lu le livre Games of Thrones?” Ce qui me fait dire que j’aurais  préféré qu’un vrai journaliste soit chargé de poser des questions aux intervenants.

J’attendais des cosplayers, et bien, j’ai été servi. Car c’est bien là ce qui a fait tout l’intérêt de ma journée, bien plus que les stands loués par des professionnels ou les rencontres organisées avec des vedettes has-been. Croiser ses idoles de papier devenues des personnes de chair et d’os est tout de même une chose troublante, et prendre la pose avec Seiya, le héros des “Chevaliers du Zodiaque” fut un grand moment pour moi, me replongeant dans mes après-midi passés devant le Club Dorothée.

Maxime a 15 ans, venu de Savigny-le-Temple avec son papa, il est fan de Kirito le personnage de Sword Art Online, dont il a fidèlement reproduit le costume. Vous pouvez m »apercevoir, derrière lui, je suis le mec au front dégarni. Jolie photo.

Jérémie, 24 ans, est venu de Lorraine avec sa bande de potes dont il est le seul Naruto au milieu des Madara Uchiha. En plus de partager le même patronyme que le pseudo arrière gauche de l’Olympique de Marseille, Jérémie est un grand fan de Naruto, dont il a fait reproduire le costume. Il a même fabriqué un “Razengan”, l »attaque emblématique du ninja de Konoha.  Il a d »ailleurs tâché de me détailler chaque étape de sa fabrication mais j’avoue, c’était trop compliqué à suivre. J’en profite pour lui demander si c’est facile de pécho quand on est cosplayer, mais il est maqué, du coup, je lui demande si sa copine, elle aussi, fait du cosplay, la seule facon pour moi de voir enfin Naruto pécho Sakura, mais lui préfère me parler de la concurrence entre les différents Sasuke venus aujourd’hui (que des BG). Ici, nous tentons de faire un Razengan, mais, ça n »a pas très bien marché.

Point de clone sous l’attirail des Stormtroopers, mais Nicolas, 21 ans, cosplayer depuis 1 an venu de Fresnes. Il a rejoint ici Marion, venue elle de Saint Quentin en Yvelines, une pro du cosplay qui a modifié la tenue classique de l’armée de la république pour en faire un ensemble plus que sexy. Marion sera d »ailleurs une des attractions de la journée, si j’en crois le nombre de gens qui patientent pour prendre la pose avec elle. Moi compris.

Et non, ce n »est pas Peter Parker qui se cache sous le masque de Spiderman, mais Barahir, un Ferronier d’art de 23 ans basé à Paris. J’apprécie son anonymat mais je lui fais remarquer que j’aurais préféré voir un véritable journaliste sous l’ensemble de l’homme araignée. La ressemblance est saisissante, et Barahir s’offre à notre photographe sous toutes les coutures. Il a lui même fait son costume qu’il a dessiné sur photoshop puis fait imprimer sur un ensemble ne cachant rien de son anatomie. Sexy.

Stéphane, lui, détonne. A 40 ans, ce plombier né au online casinos Canada et installé en France depuis 1981, fait figure de patriarche dans la foule d’ados surexcités. Venu de Drancy avec ses potes Wolverine et Franck Castle, (le Punisher, qui mime l’attitude de son personnage jusquà ne pas me dire bonjour), il déambule dans les allées se prêtant de bonne grâce au jeu des photos. Il me confie qu’il aimerait bien que ses enfants évoluent eux aussi dans le milieu du cosplay, un milieu sain et un peu « bisounours ». Très débrouillard, son bouclier aux couleurs du drapeau à la feuille d’érable n’est qu’une simple parabole repeinte par ses soins. Point de Vibranium donc.

Adèle a 19 ans, en plus de partager le même prénom que l »héroïne du film d »Abdellatif Kechiche, cette étudiante en lettres modernes venue de Sannoy Saint Gratien tente d’initier son petit copain au cosplay. Équipée d’une impressionnante masse faite maison, elle rend hommage à Taric, un des héros de League of Légends, mais en ayant  pris soin de lui appliquer la fameuse rule 63.

Vient enfin un grand moment pour moi, celui de ma rencontre avec Seiya. Sous le casque du chevalier Pégase se cache Nicolas, 27 ans, d »Orly. Actuellement en pleine recherche d »un emploi dans le commerce, il a lui même fait son armure de bronze grâce à un procédé complexe impliquant des tapis de sol achetés chez Décathlon un fer à repasser et des bombes de peinture. Il porte dans son dos la fameuse Pandora Box utilisée par les Saints d’Athéna pour transporter leur armure, mais point de cheval ailé caché dans sa box, réservée aujourd »hui au rangement de ses manteaux et écharpes. Nicolas a une petite amie qui respecte sa passion, il me confie qu’il a aussi une belle collection de figurines Saint Seiya et me laisse son email, au cas où j’aurais un projet à lui proposer. Ce que je ne manquerai pas de faire très bientôt.

Ce jour là, nous avons aussi croisé beaucoup de gens levant une pancarte “Free Hugs”. On se fait des hugs, mais on ne se galoche pas, les contacts se faisant facilement mais restant tout de même assez superficiels et sages. Ici, mis à part moi, tout le monde est gentil, alors je ne sais pas si c’est une chose feinte, mais c’est assez troublant de se balader dans un univers où les sentiments positifs font loi. J »ai aussi apercu quelques quinquagénaires à la barbe florissante, s »appliquant à prendre la meilleure photo des nymphettes présentes. Pédobear aprouve.

Je pensais à la base que le cosplay n’était qu’un hobby pour fan décérébré ou ado attardé, et trouver dans cette journée au salon matière à faire un article moqueur, mais je dois dire que j’ai été touché par la gentillesse de ces gens. J’ai aussi pu constater qu’il y a une véritable hiérarchie entre cosplayers. Ceux réalisant leur cosplay de A à Z étant mieux considérés que ceux achetant leur panoplie déjà toute prête dans le commerce, qui eux, sont snobés par les puristes. Aucune ambition commerciale ici, leur seule récompense, les gens les félicitant pour leur travail et la ressemblance avec leurs personnages. Bien joué les gens.

Citytest réalisé par Joan

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Un grand merci à Elise pour les accréditations

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