#CITYTEST SALON DE LA LINGERIE | CANDYSHOP

vignettelingerie

Du 25 au 27 Février se tenait Porte de Versailles le salon de la lingerie, ayant le sens du sacrifice, c’est accompagné de mon vieux camarade Bruno que je suis parti explorer le monde des froufrous et des dentelles, un monde que je connais plutôt bien ayant découvert mon corps grâce a la section lingerie du catalogue de la Redoute.

Premier constat, il fait chaud dans le Pavillon n°1, et c’est tant mieux, parce que la plupart des filles que je croise en arrivant sont toutes en petite tenue, à commencer par la jolie blonde à l’accueil, qui réajuste sa jupe en me voyant et qui me salue par un “ouais” distrait. Bien heureux de cette familiarité propice à faire mieux connaissance, je lui pose des questions dont la réponse ne m’intéresse guère, comme le hashtag de l’event, la couleur de sa culotte ou si Princesse Tam-Tam possède un stand et ce, afin de passer un maximum de temps avec elle, aussi, je me promets de choper son contact avant de partir.

En déambulant dans les allées avec Bruno, je me sens comme Charlie Bucket, le héros de “Charlie et la chocolaterie”, un sourire figé aux lèvres, et des étoiles dans les yeux. Partout des femmes à moitié nues me lancent des invitations à venir découvrir leur stands, n’aimant pas décevoir les jolies filles je succombe à chaque demande. Des marques de lingerie côtoient d’impressionnants sextoys dans une indifférence générale et je m’engouffre dans la halle où se tient le défilé.

Le défilé fut un ravissement total, j’ai bien aimé la grande brune aux fesses rebondies, la métisse à grosse touffe (oui, grosse touffe) et la petite rousse à la démarche étrange directement inspirée par un sketch des Monthy Pythons. Les commentaires de Bruno sont savoureux mais indécents, il me demande à chaque passage d’un nouveau mannequin “Tu la claques?”. Désireux de rester discret sur mes motivations du jour, je décide de fonctionner comme dans Tinder, un geste de la main vers la gauche pour dire non, puis vers la droite pour dire oui. Oui, je la claque. Des hommes ont défilé aussi, mais, franchement, on s’en fout.

Encore sous le choc du défilé, je croise ma vieille copine Britta Uschkamp, venue présenter sa collection de lingerie érotique dans la section jeunes créateurs. Je demande à Britta si les ventes sont bonnes, si elle se fait de bons contacts ou si elle n’a pas trop chaud, mais je n’écoute pas ses réponses, car je suis captivé par la sculpturale brunette en soutif noir du stand d’à coté. Puis Britta me présente Jean-Jacques, un VRP spécialisé dans la vente de baleines de soutien gorge, sa poignée de main est franche, typique de l’homme habitué à défendre son territoire. Ici, Jean Jacques est chez lui, vêtu de son costume à carreaux, un sourire carnassier aux lèvres, il se retourne sur chaque cul qui passe, ses yeux n’allant jamais plus haut que la hauteur des fesses. En les abandonnant à leurs tractations, j’ai une pensée pour Britta, obligée de repousser discrètement les assauts répétés du commercial.

Dans le pressclub, je fais la rencontre de Melissa, un “mannequin”, qui a l’air d’être elle aussi fan de café américain. Elle a 29 ans, vient de Mulhouse et est modèle à mi-temps, le weekend, elle exerce ses talents de gogo dans des boîtes de nuit Alsaciennes. Elle fait beaucoup de shootings, de défilés pour d’obscures marques de prêt-à-porter vendues dans des zones industrielles, et de séances photos pour des catalogues genre la redoute, les 3 suisses, toussa. Mélissa est franchement bien gaulée, elle me confie faire beaucoup de natation. Melissa a une petite fille de 8 ans qu’elle élève comme une princesse, elle est mariée depuis 5 ans avec Benoit, qu’elle a rencontré sur Internet, ses traits sont tirés, elle a l’air usée par ses 3 jours passés au salon, et je lui demande si ça ne la gêne pas de devoir se balader à moitié nue au milieu de VRP en costume Celio et d’agents de sécurité libidineux, sa réponse fut simple : “Je n’y pense même pas.”

Les heures passent et je comprends ce qu’a voulu me dire Melissa plus tôt, l’excitation du début de ma visite laissant place à une indifférence totale. Une spectaculaire Russe tout de latex vêtue et juchée sur de hauts talons aiguilles me tend un catalogue pour sa marque, et non, ça ne me fait rien. Je crois que je commence à être blindé et à être limite embêté par cette hyper érotisation et sur cette marchandisation du corps.

Reste que cette instrumentalisation de la femme n’a pas l’air de gêner ce jeune homme que j’ai croisé à absolument tous les stands depuis mon arrivée. En effet, appareil photo à la main, il prend la pose aux cotés de chaque hôtesse, un sourire béat aux lèvres. Je n’ose pas imaginer ce qu’il fera en matant les photos, une fois rentré chez lui.

18 heures, les mines sont fatiguées, les filles sont rhabillées, les sextoys sont rangés et moi je file, mais pas sans avoir fait un dernier crochet par l’accueil, évidemment.

Citytest réalisé par Joan