Live By Night de Ben Affleck

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D’après l’ouvrage « Ils vivent la nuit » de Dennis Lehane et réalisé par Ben Affleck, le film sortira ce mercredi (le 18 janvier) avec dans les rôles principaux Ben Affleck, Zoé Saldana, Sienna Miller, Chris Cooper et Elle Fanning.

« Live by night » est un véritable film de gangster, comme le cinéma américain sait en produire depuis les débuts d’Hollywood.

Un film de gangster d’abord pour son époque : l’histoire commence dans les années 20 à Boston, au lendemain de la Première guerre mondiale dont le personnage principal, Joe Coughlin incarné par Ben Affleck, est revenu indemne mais empli de violence avec un rapport difficile à l’autorité, la loi. Ce passage de la guerre à la criminalité rappelle l’histoire de Jacques Mesrine, ce voyou français qui avait basculé dans le grand banditisme au retour d’Algérie, interprété à la perfection par Vincent Cassel il y a quelques années. Joe Coughlin fait donc ses premières armes à Boston, haut lieu de la mafia irlandaise des Etats-Unis, impeccablement retranscrit à l’écran grâce aux voitures d’époque, aux impairs et aux courses-poursuites à coup de rafales de mitraillette Thompson, cette arme qui a fait la légende d’Al Capone à la même époque. Il part ensuite pour la Floride, où il prend le contrôle du trafic de rhum en s’associant à des Cubains, sur fond de guerre entre mafieux irlandais et italiens. C’est l’époque de la Prohibition, celle qui a fait naître le crime organisé aux Etats-Unis et nourrit tant de scénarios du cinéma américain.

C’est également un film de gangster pour ses personnages et leurs histoires : Joe Coughlin d’abord, celui qu’on voit gravir par étapes les échelons du grand banditisme de la côte est, jusqu’à devenir un véritable parrain du sud des Etats-Unis. Il y a également ses mentors de la mafia italienne et irlandaise, qui le font travailler mais n’hésiteraient pas à le tuer au moindre faux pas. Ces discussions dans des bouges de Boston, où l’on sent l’odeur des cigares et du whisky, la tension entre les hommes qui se jaugent, se manipulent et savent comment leur collaboration se terminera, maintenant ou dans quelques années… Et puis il y a les histoires d’amour et le sexe, car il n’y a pas de grand gangster qui ne soit pas séducteur et amant, au moins à l’écran. Joe Coughlin, servit par le physique de Ben Affleck, n’échappe pas à la règle, et ses relations amoureuses viennent ponctuer une vie faite de règlements de compte, de cavales et d’argent.

Reste à savoir si « Live By Night » est un bon film de gangster ?

A n’en pas douter oui et il plaira au plus grand nombre. Ben Affleck, dont les talents d’acteur et de réalisateur sont déjà connus, nous propose un scénario équilibré et une histoire haletante, qui respecte les règles du genre : les débuts chaotiques d’un petit voyou de Boston, une histoire d’amour passionnelle qui le mène en prison, la montée en puissance puis la chute, toujours violente dans ce genre d’histoire.

Seul bémol au tableau : il manque à Ben Affleck de la méchanceté dans le regard et de la détermination dans l’action – celles qui caractérisent ceux qui ont fait le choix d’une vie de braquages, de prisons et de morts – pour incarner un vrai gangster. Comme pour Johnny Deep dans « Public ennemies », on a parfois du mal à prendre au sérieux Joe Coughlin lorsqu’il hésite à éliminer une femme qui menace ses projets, où à tuer un leader du Ku Klux Klan qui le défie à la table d’un bar. Il faut pour cela des acteurs qui savent instinctivement incarner la violence et la bestialité, à l’instar de Vincent Cassel dans « Mesrine » ou Denzel Washington dans « American gangster ».

Il n’en reste pas moins que « Live by night » est un film à voir, de préférence sur grand écran !

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